lundi 8 juin 2009

Victoire du 14 mars aux élections législatives libanaises

Les socialistes français ont moins bien réussi que leurs camarades libanais aux élections qui se sont déroulées simultanément dimanche 7 juin. Si les résultats définitifs ne sont pas encore totalement connu. Les résultats publiés actuellement et reconnus par la coalition du 8 mars sont extrêmement encourageants pour le futur du Liban. La coalition du 14 mars (les sunnites de Saad Hariri, le Parti socialiste progressiste de Walid Djoumblatt, les Forces libanaises et le Parti phalangiste) a remporté haut la main les élections législatives avec 71 sièges sur 128 au parlement. Les chrétiens du Général Aoun ont réalisé un mauvais score dans leur fiefs de Zahleh et Achrafieh alors que les chiites du Hezbollah et de Amal ont fortement mobilisés. 


Autre grande victoire pour la démocratie libanaise, la participation s'élève à plus de 50% et le président sortant de chambre Nabih Berri, très proche de la Syrie et du 8 mars à reconnu le résultat et félicité les vainqueurs.


jeudi 4 juin 2009

Le 7 juin, votez pour la coalition du 14 mars

Le 7 juin se déroulent en France les élections européennes.

Au même moment, le Liban procède à ses élections législatives. La coalition du 14 mars présente 118 candidats dans les différentes provinces. Les résultats s'annoncent extrêmement serré. Alors dimanche soir j'attendrai deux résultats en espérant que la participation au Liban soit plus importante qu'en France et que la coalition du 14 mars l'emporte sur les partis pro-syriens.

mardi 2 juin 2009

Jusqu'où Barack Obama ira-t-il pour changer la situation au proche-orient ?

La politique des USA a changé. La rupture promise par un certain Nicolas Sarkozy en 2007 s'est produite aux Etats Unis en 2009. Marianne titre cette semaine : "Obama la vrai rupture" et Newsweek titrait en février  "We are all socialist now". Comme quoi le socialisme et la rupture ont encore de beaux jours devant eux mais pas forcément dans le bon pays !


Obama, outre le style et la ligne politique qui diffère de Georges W. Bush, impose une nouvelle volonté sur la scène internationale. Les USA adoptent des positions diamétralement opposées à leurs discours des 50 dernières années. Le meilleur exemple est celui des démarches entreprises par Barack Obama au proche orient et plus particulièrement en Israël/Palestine. Au moment même où les américains votaient pour une administration progressiste, les israéliens se retrouvaient, par le jeu des alliances politiques, avec un gouvernement parmi les plus extrémistes que le pays est connu.


Barack Obama a adopté une position très différente de GW Bush sur le conflit. Il est intéressant de comparer les visites de Benjamin Netanyahu puis de Mahmoud Abbas à la Maison Blanche. Il est clair que les USA n'entendent plus sous-traiter leur politique au proche-orient aux israéliens. 


Après une première salve tirée contre l'AIPAC l'administration démocrate a fait patienter Benjamin Netanyahu avant de le recevoir à la maison blanche et lui a ainsi signifié que le président américain n'entendait plus soutenir l'action d'Israël de façon inconditionnelle. Les Etats-Unis ont conçu une stratégie qui ne s'appuie plus principalement sur la défense des intérêts israéliens mais avant tout sur les préoccupations américaines.


Il est donc fort probable que le climat ne s'améliore pas entre les deux pays. La conférence de presse finale donnée à la maison blanche montrait d'ailleurs un président américain exprimant publiquement son désaccord avec le premier ministre israélien sur la question des colonies et de la solution de deux Etats indépendant. Du jamais vu dans les bureaux de la présidence ! La rencontre avec Mahmoud Abbas a était bien plus cordiale.



Derrière ce changement de politique, se dessine la main de l'US/Middle East Project créé en 1994 par le Council on Foreign Relation. Ce programme est depuis 2006 devenu une fondation et vient de produire un document d'une quinzaine de page intitulé "La dernière chance pour la solution de deux Etats entre Israël et la Palestine". Ce document, élaboré de façon bipartisane par des anciens diplomates et militaires, semble être la feuille de route du nouveau gouvernement Obama.


Ce texte analyse les actions américaines en Israël/Palestine depuis plusieurs décennies et formule des recommandations quand à la nouvelle approche à adopter. Pour eux, il ne s'agit plus d'envoyer le président américain en permanence sur le terrain (cf Bill Clinton) mais de missionner un conseiller spécial qui aura tout le soutient du président pour parler en son nom et sera respecté comme tel (cf George Mitchell ) . Le texte détermine également la faiblesse des gouvernements israéliens et l'emploi de la peur et de la sécurité comme moyen perpétuel de former des coalitions hétéroclites. Il faut donc que le soutien américain pousse les gouvernements israéliens à ne pas s'enfermer dans une logique sécuritaire qui irait contre les objectifs de paix. Il y a là un interventionnisme tout à fait opposer à la doctrine Monroe ! 


Le document insiste ensuite sur la nécessité de trouver un accord sur la question des réfugiés ce qui débloquera les négociations aboutissant à la création de deux Etats viable. Il préconise la fermeture des camps partout dans le monde arabe et l'intégration des palestiniens aux sociétés locales (libanaise, syriennes, ...) le plus possible tout en déterminant des critères stricts pour un droit au retour controlé. Ce contrôle doit rassuré les israéliens mais également assurer la viabilité du futur Etat palestinien en l'empêchant d'être submerger immédiatement de réfugiés difficilement gérable pour un Etat naissant.


Enfin, le rapport préconise l'envoi de troupes de l'OTAN et donc, fait nouveau, la présence de troupes américaines comme force de maintien de la paix.


A la fin de la lecture de ce rapport, cette préconisation pose la question de savoir jusqu'où le président Obama est prêt à aller et à quel niveau les européens peuvent ils le suivre avec un engagement au sud Liban. La question de la place de l'ONU ,largement discrédité dans la région pour ses nombreuses résolutions non appliquées, est également à se poser pour mesurer l'ampleur de la tâche qui attend l'administration Obama et l'ampleur des résistances du côté de Benjamin Netanyahu et du HAMAS qui n'a toujours pas réglé ses conflits avec le FATAH.


Je vous laisse mesurer cette difficulté avec une carte issue de l'atlas 2009 du Monde Diplomatique  qui considère les territoires palestiniens comme un archipel et Israël comme l'océan ...



mardi 10 février 2009

L'ombre de Didier Ratsiraka plane sur l'île rouge au travers de l'opposition Ravalomanana/Rajoelina

Le 12 décembre 2007, Andry Rajoelina est élu Maire d'Antananarivo, la capitale de le République de Madagascar. Cette élection fait suite à son ascension rapide dans le monde des affaires et des médias avec notamment le rachat à l'ancien premier ministre, Norbert Ratsirahonana, de la très influente chaîne de télévision Ravinala (rebaptisée depuis Viva). Il est aujourd'hui à la tête de l'opposition qui manifeste dans les rues de la capitale pourr chasser l'actuel président Marc Ravalomanana de la présidence de la république.

Les changements politiques à Madagascar ont toujours été marqué par de profonds mouvements de violences. Lors des dernières élections présidentielles en 2001, le dictateur Didier Ratziraka dit "l'amiral" fut congédié après de violent heurts dans les rue d'Antananarivo. Ces troubles, qui se reproduisent aujourd'hui, furent organisés avec les mêmes moyens qu'utilisent en ce moment Andry Rajoelina. Il est fort à parier que les manifestants d'hier se retrouvent aujourd'hui dans la rue, déçu par la politique de Marc Ravalomanana. Ce dernier, porté au pouvoir par un mouvement populaire, mais également par l'ensemble des opposants au dictateur déchu, est aujourd'hui confronté à une crise qu'il n'arrive pas juguler. Les soutiens d'hier se font moins présent et les partisans du régime déchu depuis 2002 (avec l'officialisation de la victoire de Marc Ravalomanana suite à la reconnaissance de son élection par l'UE et les Etats Unis), travaille à déstabiliser le Président actuel.

Le gouvernement de Madagascar gère la crise actuel avec la plus grande difficulté. D'une part, l'interdiction de la chaîne de télévision de Rajoelina fut une décision maladroite qui déclencha ces troubles, d'autre part en réprimant violemment et dans le sang les manifestations, Marc Ravalomanana se discrédite sur la scène internationale et renforce les soutiens de son rival. 

Andry Rajoelina est soutenu par les mêmes qui soutenaient hier Marc Ravalomanana. Il également possible que "l'amiral" agisse en sous-main depuis sa résidence de Neuilly-sur-Seine pour peser sur le destin de son ancien pays et établir à sa tête un jeune président aisément manœuvrable et ayant besoin de "conseils" avisés pour diriger le pays.


Plus d'informations :

dimanche 8 février 2009

Ya Loubnan

J'ai retrouvé sur mon ordinateur des photos prisent par Isabel Lundin (jeunes sociaux démocrates suédois) lors de mon déplacement au Liban fin 2008. Alors comme je vous l'avais promis à la fin de mes billets sur ce voyage, voici une première série de clichés.










mardi 6 janvier 2009

Le gaz, moyen diplomatique pour la Russie

Voici une vidéo fort intéressante qui explique notamment la crise du gaz entre l'Ukraine et la Russie et l'influence que joue ce carburant sur les relations UE/Russie.

mercredi 31 décembre 2008

Offensive sur Gaza : aller plus loin que la simple condamnation

Nous assistons depuis le 27 décembre 2008 à une offensive Israélienne contre la Bande de Gaza. Au delà des condamnations et des manifestations émotionnelles. Il convient d’analyser les éléments qui ont permis d’arriver à cette situation et de ne pas se focaliser sur une grille de lecture binaire qui voudrait que l’on se positionne comme pro-israélien (et par association prosioniste) ou comme pro-palestinien (et par association antisioniste). Cette analyse binaire, rapide et associant des concepts différents ne donne que des réactions excessives.

Voici des éléments de réflexion qui permettront, je l’espère, de mieux comprendre la situation actuelle et l’offensive menée par Israël.

Le retrait de la Bande de Gaza

Le 23 août 2005, Israël déclaré le retrait unilatéral, des 23 colonies de la Bande de Gaza et de 4 colonies de la Cisjordanie, officiellement terminé. Ce plan de désengagement qui avait été adopté par le gouvernement d’Ariel Sharon le 6 juin 2004 n’est cependant pas un transfert d’autorité complète vers les palestiniens puisqu’Israël conserve la surveillance des frontières de la Bande de Gaza et établit un zone tampon tout autour du territoire. La bande de Gaza dépend toujours d’Israël pour ses fournitures en eau, en électricité et en réseaux de communication. Et toutes ses exportations potentielles sont soumises à des taxes israélienne (les importations existantes sont détaxées) et la monnaie reste le shekel.

Ce plan de retrait, par son aspect unilatéral et incomplet, aboutit donc à créer un vaste camp fermé pour plus de 1,3 million Gazaouis. Ce territoire de 360km2 abrite une des densités les plus fortes au monde (3823 hab/km2) avec une immense pauvreté et un déficit complet d’infrastructures collectives. L’ensemble du territoire est soumis au bon vouloir d’Israël pour son alimentation en énergie et en vivres.

La prise de contrôle de Gaza par le HAMAS

Les élections législatives palestiniennes de 2006 voient le HAMAS remporter ce scrutin. S’en suit une guerre civile dans la bande de Gaza qui le 15 juin aboutit à une prise de contrôle de fait du HAMAS de ce territoire. A partir de cette date, les membres du FATAH sont systématiquement pourchassés et arrêtés puis pour certains exécutés.

A partir du limogeage du premier ministre palestinien issu du HAMAS par Mahmoud Abbas le 17 juin 2006, on peut considérer qu’il y a une scission de fait entre les territoires palestiniens. Le FATAH ne contrôle plus du tout la Bande de Gaza. Israël a donc créer à sa porte les conditions ayant aboutit à la mise en place d’une autorité qui lui est extrêmement hostile et qui s’appuie sur la pauvreté et le dénouement d’une population de 1,3 millions de personnes.

La montée de violence entre Gaza et Israël

Depuis la prise du contrôle par le HAMAS de la Bande de Gaza, des roquettes artisanales sont régulièrement tirée sur le sud d’Israël et plus particulièrement sur SDEROT. A partir du 17 janvier 2008, Israël, en réponse à ces tirs soumet la bande de Gaza à un blocus qui entraine des pénuries de vivres et des coupures de courant (rupture des approvisionnement en pétrole). Le 2à décembre le HAMAS ne renouvèle pas la trêve de 6 mois négociée en juin sous l’égide du gouvernement égyptien. Cette trêve prévoyait la fin du blocus israélien et la fin des tires de roquettes, ni le HAMAS, ni Israël n’auront respecté ces engagements. Les 23 décembre des roquettes sont à nouveau tirées sur le Neguev. En réaction Israël déclenche le 27 décembre l’offensive aérienne et maritime baptisée « Plomb durci » en engageant plus de 80 avions et hélicoptères.

Quel est le but du gouvernement Israélien ?

La guerre au sud Liban durant l’été 2006 à démontrée qu’une offensive militaire n‘est d’aucune utilité contre les lancements de roquette artisanale qui demandent très peu de technologie (il s’agit d’une simple roquette remplit d’explosif, équipée d’une système de mise à feu mais sans dispositif de guidage).

Le gouvernement Israélien ne pouvait resté sans aucune réactions face au bombardement de ces roquettes sur son territoire même s’il a largement contribué à créer les conditions de violences depuis des dizaines d’années et depuis son retrait unilatéral de Gaza. Cependant la disproportion des moyens est choquante et la probable offensive terrestre ne présage rien de mieux pour les jours et semaines à venir.

Le fait que des élections générales soient organisées dans les semaines qui viennent en Israël donne également une autre clé pour comprendre cette offensive. A l’heure où il y aura forcément une nouvelle coalition et où chaque parti doit prouver son attachement à Israël et son rejet du terrorisme cette offensive permet de prouver ces deux valeurs.

Que veut le HAMAS ?

Il n’est cependant pas possible de condamner uniquement l’offensive israélienne. Les roquettes bien que peu meurtrières sont tirées sans aucune cible et tombent donc sur des civils. Le HAMAS dirige d’une main de fer la bande de Gaza et a intérêt à un affrontement avec Israël dans la perspective éventuelle d’apparaître victorieux lors de la fin du conflit comme le HEZBOLLAH a put l’être après la guerre au sud Liban.

Ces opérations visent également à affaiblir le moral des israéliens et à poursuivre la chimère de reconquête d'Israël par les palestiniens. Cela participe également à isncrire un peu plus le HAMAS comme un acteur prépondérant de la région, à en faire un interlocuteur plus fort que le FATAH au yeux des populations palestiniennes.

Comment sortir de cette situation ?

L’Union Européenne, les Etats Unis et les Nations Unis en refusant de discuter avec le HAMAS, suite à sa victoire démocratique aux élections législatives, ont encouragé les divisions au sein des palestiniens. Les sanctions appliquées sur la bande de Gaza ont renforcé le soutien de la population au HAMAS. La corruption de certains dirigeants du FATAH a également participé au discrédit de Mahmoud Abbas vis à vis de la population palestinienne.

Il ne s’agit donc pas aujourd’hui de condamner simplement l’offensive Israélienne. Cette solution est la plus simple, la plus rassurante mais aussi la plus inefficace. Il faut proposer un dialogue avec le HAMAS, qui s’il doit être considéré comme une organisation terroriste, ne peut pas être écarté de toute discussions visant à la paix. Dans le cas contraire la situation que nous connaissons depuis des dizaines d’années continuera sans changement majeur puisque qu’aucun des deux camps n’est capable de remporter cette guerre.


Pour en savoir plus :

http://www.alternatives-internationales.fr/gaza-israel-palestine-hamas-fatah_fr_art_802_41212.html

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article493

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=92956

dimanche 7 décembre 2008

Y'en a marre, Tiken Jah Fakoly

lundi 1 décembre 2008

Point de situation en République Démocratique du Congo

En décembre 2007, Joseph Kabila, Président de la RDC, a choisi d'engager le combat à l'est du pays dans la région du Kivu pour restaurer l'autorité par la force sur cette région instable depuis la chute de Mobutu et la guerre civile du Rwanda. Après avoir mis en garde Kinshasa, l'ONU s'est ralliée à cette décision. Cette offensive fut un échec, 25000 soldats loyalistes furent repoussés par les 4000 hommes de Laurent Nkunda.

Les forces militaires déployées

La Mission d'Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC) date du 30 novembre 1999 avec le vote de la résolution 1279 mettant en œuvre le chapitre 7 de la charte des Nations Unies en RDC. Elle fut complétée par une cinquantaine de résolutions. La MONUC est divisée en 6 zones, son quartier général est basé à Kinshasa. C'est la mission la plus coûteuse de l'ONU avec un budget annuel d'environ 1 milliard de dollars. Les quelques 17000 hommes qui la composent proviennent principalement de l'Inde, du Bangladesh, du Ghana, du Népal, d'Afrique du Sud et d'Uruguay. Elle a, à plusieurs reprises, montré son incapacité à protéger les populations civiles.

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) est l'armée régulière de la RDC. Elle est commandée par Joseph Kabila, Président de la République. Fore d'environ 60000 hommes elle est dotée d'un matériel moderne et pourvu d'une bonne capacité de projection de puissance feu mobile.

Cette armée est composée des anciennes milices qui se sont battues après la chute de Mobutu et pendant la période de transition avec Laurent Désiré Kabila, le père de président actuel. Malgré leur équipement dernier cris, la cohésion et la formation de cette armée reste très faible. Le moral des troupes est également un facteur de défaite face aux rebelles. Les officiers de cette armées ont pendant la période de transition été nommé majoritairement par le RDC Goma, organisation politico-militaire roche du Rwanda et de Laurent Nkunda.

Le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) est la force rebelle installée dans l'est du pays dans la région frontalière du Kivu. Commandé par Laurent Nkunda, ancien officier Tutsi de la FARDC. Ces troupes ont été intégrées dans l'armée loyaliste jusqu'à l'offensive de décembre 2007. Le CNDP est très bien armé et bénéficie du soutien semi-officiel du Rwanda. Les connexions internationales de Laurent Nkunda sont également très larges puisqu'en 2006 Georges Bush a fait bloquer ses comptes en banques basés aux USA, cela prouve que depuis les montagnes du Kivu il est possible de gérer des relations financières complexes et lointaines. Cela ne se fait pas sans aides extérieure.

Les intérêts économiques

Au sein de la FARDC et du CNDP comme des autres mouvements rebelles les officiers sont avant tout des hommes d'affaires qui font passé le contrôle des zones minières avant la protection des population ou même des prise de contrôle des villes et villages. Chaque groupe rebelle exploitent la population locale pour procéder à l'extraction des ressources minières de la région sous son autorité. Les populations civiles, leur situation sanitaire et sociale sont secondaires par rapport aux profits liés à l'extraction. Les pays frontaliers de l'est de la RDC (Rwanda, Burundi, Ouganda) sont depuis quelques années exportateurs de minéraux qui ne sont pas présent sur leurs territoires : or, coltan, étain, ... Ces produits transitent par ces pays "stables" qui les commercialisent sur le marché mondial. On retrouve en cela le principe des "diamants de sang" des années 90.

En Août 2008, Laurent Nkunda lance une offensive pour agrandir sa zone de contrôle dans le Nord-Kivu et de positionner ses troupes à quelques kilomètres de Goma. Cette offensive aurait étrangement coïncidé avec la signature entre la RDC et la Chine d'un contrat d'exploitation de minerais. Laurent Nkunda réclame d'ailleurs la renégociation de ces contrats.

La question de savoir qui permet l'armement de la milice de Laurent Nkunda et qui a intérêt à contrer les opérations commerciales de la Chine dans cette région d'Afrique pour pousser à la baisse le coût des minerais se pose. Cela permet de faire pression sur Joseph Kabila dans ces négociations avec la Chine qui visent à échangé des minerais contre la construction de routes, d'hôpitaux ou d'écoles. Ce troc a toujours était condamné par la Belgique et la France.

La remise en cause de la MONUC

Depuis son déploiement en 1999, la MONUC est sujette à plusieurs controverses et remises en cause. Les abus sexuel de certains soldats sur les populations locale et les implications dans les trafics de certains contingents sont autant de facteurs qui réduise la légitimité et l'acceptation par la population locale de cette force d'interposition et de soutien au gouvernent congolais.

La MONUC contrôle plusieurs camps de réfugiés mais les populations croient de moins en moins dans la capacité des casques bleus à les protéger en cas d'offensive des rebelles. Les départs massifs de ces camps en novembre 2008 marquent bien cette défiance.

Le contingent indien est également accusé d'avoir négocié avec les rebelles du CNDP pour se livrer à la contrebande de minerais dans l'est du pays. Le colonel indien Chand Saroha, commandant entre fin 207 et début 2008 de la zone de Sake au nord de Goma est accusé de ne pas avoir rempli le mandat de l'ONU en ne fournissant pas un appui logistique au gouvernement congolais. Fait curieux, peu de temps avant son départ de RDC, il a remis une médaille d'honneur à Laurent Nkunda et s'est vue remercié par ce dernier pour son action lors de l'offensive de l'armée loyaliste qui c'était soldé par une victoire du CNDP !

L'ONU met en avant des difficultés logistiques dut à un manque d'équipements des contingents déployés pour justifier les erreurs et les manques dans son action. La France est également fortement remise en cause dans cette région par Laurent Nkunda qui l'accuse de protéger les génocidaires rwandais en refusant de désarmer le FDLR.

La situation en RDC est malheureusement une situation classique des pays africains hébergeant dans leur sous-sol d'importantes ressources naturelles et ayant des frontières établies lors de la décolonisation et ne correspondant pas aux équilibres locaux. La zone d'influence rwandaise, conjuguée aux milices issues de la guerre civile rwandaise, le soutien occidental à certains rebelles, la présence de la Chine sur le marché local des minerais, la légitimité contestée de Joseph Kabila, l'affaiblissement de la France dans cette région : tout cela conduit à un contexte explosif. L'implication des USA et de l'Union Européenne dans cette région, les pressions sur les Etats voisins pour stopper la commercialisation des minerais non issus de leur sol sont des éléments déterminants pour ouvrir la voie à la résolution de ce conflit politico-économique.

lundi 3 novembre 2008

"Downtown" et "South Beyrouth"

Pour ce dernier jour, notre programme comprend deux rencontres, la première avec Saad Hariri, leader des musulmans sunnites et la seconde avec le responsable international du AMAL, l'autre parti des musulmans chiites. Le palais de Saad Hariri est situé à 500 mètres de notre hôtel nous nous y rendons donc à pied en traversant des rue jonchées de barrières métallique et béton et de clous pour faire ralentir ou arrêter les voitures ainsi que des guérites en béton pour protéger tout le quartier des Hariri. Nous passons au travers de plusieurs points de blocage les premiers tenus par l'armée libanaise et les derniers tenus par des hommes vétus de noir et appartenant sûrement à la sécurité personnelle de Saad Hariri. L'accès est plus contrôlé que celui du Président de la République.

Une fois à l'intérieur du bâtiment nous sommes conduit au cinquième étage dans un grand salon où sont disposés plusieurs sièges qui nous sont destinés. ce salon donne sur un jardin extérieur malgré le fait que nous soyons au cinquième étage. Des portraits de Rafik Hariri sont disposés dans ce salon ainsi que dans le corridor qui y conduit. Il est très présent, jusqu'à un portrait sur une chaise où il avait peut être l'habitude de s'assoir. Une rose y est déposé au côté de son portrait. 

La discussion avec Saad Hariri est très libre, il nous répond franchement et nous donne des réponses très intéressantes par son analyse sur la situation intra-libanaise, les influences de la Syrie et la présence des Palestiniens dans les camps de réfugié. Il est jeune, volontaire et sur de lui. Il va mener la coalition du 14 mars au prochaine élections générales en mai 2009. Cette tâche s'annonce hardue pour quelqu'un plus aguerris au monde des affaires qu'à la politique.

Après cette rencontre, nous partons vers le sud de Beyrouth pour rencontre le représentant du mouvement AMAL qui comme le HEZBOLLAH représente les musulmans chiites libanais. Ce parti, moins "connecté" à la Syrie et à l'Iran que le Hezbollah se positionne comme un pont entre la coalition du 14 mars et celle du 8 mars. 

Le siège de la rencontre est situé à l'entrée du sud Beyrouth et nous ne croisons que quelques drapeaux du HEZBOLLAH et du AMAL. L'ambiance dans la rue est cependant différente, les femmes un peu plus voilées, les immeubles un peu moins riche ...

Notre discussion tourne autour de la présence des palestiniens et de la "cause palestinienne". Israël nous est présenté comme un ennemi du Liban qui occupe le territoire national et qu'il est légitime de combattre. L'ambiance est bien différente des rencontre précédente mais nous sommes avec des partis membre du la coalition du 8 mars, qui de plus normal que d'avoir un discours bien différent de nos partenaires libanais.

Le séminaire s'achève ce soir et je prend mon avion pour rentrer en France dans la nuit, le retour s'annonce difficile après trois jours aussi riche de rencontres et d'expériences que le furent ces trois jours au pays du cèdre. Ce pays est magnifique est la mosaïque des confessions qui le compose est une expérience ciel ouvert d'un monde multi-culturel et vivant en harmonie. Le défi est à la dimension de ce pays, formidable !

Les photos dans quelques jours.