dimanche 17 janvier 2010

Cabinda, la malédiction du pétrole

Le 8 janvier 2010 dernier à lieu un attentat contre l'équipe de football du Togo lors de leur arrivée dans l'enclave de Cabinda en Angola.


Au delà de cette information, largement relayée par les médias, nous avons très peu entendu parlé du Cabinda à proprement parlé et des origines des auteurs de l'attentat : le Front de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC).


L'Angola, en organisant une partie des matchs de la Coupe d'Afrique des Nations dans l'enclave du Cabinda, à voulu prouvé à son opinion publique et aux autres Etats africains que cette région était pacifié. Pourtant, en août dernier, lors de son congrès d'Ottawa, le FLEC avait annoncé la relance des opérations militaires pour l'indépendance de cette enclave. Des troubles étaient donc plus que prévisibles.


La naissance de cette enclave est du à un partage de frontière opéré par les européens en 19ème siècle. Ce partage avait pour objectif d'offrir au Congo belge d'alors une façade maritime. Cela conduisit à séparer la colonie portugaise de l'Angola en deux avec au nord un royaume rattaché au Portugal depuis un accord conclu en 1885 avec le roi du Cabinda et au sud la plus grande partie de l'Angola.



Au moment de la décolonisation portugaise en 1974, suite à la révolution des oeillets, le jeune régime des capitaines portugais furent confronté à de grande difficultés lors de la décolonisation de l'Angola et choisirent finalement de laisser l'enclave avec l'Angola et de confié les rênes du pays au MPLA. Ce mouvement proche de l'URSS fut immédiatement confronté à l'hostilité des Etats-Unis et des puissances européennes. Pour son plus grand malheur, des quantités très importantes de pétrole furent découverte en Angola et pour 60% d'entre elle au large du Cabinda. Dès lors, ce territoire perdit tout espoir d'indépendance.


La région devint le lieu d'affrontements entre les grandes puissances. Le régime de Mobutu allié aux USA soutenant les indépendantistes du Cabinda du mouvement UNITA soutenu également par l'Afrique du sud, et la Chine de Mao. face à cette alliance, l'Angola obtient le secours de l'armée cubaine qui protégea pendant des années les installations offshore de l'enclave.


La France ne fut pas en reste avec son entreprise ELF qui bien implanté au Congo Brazzaville (ancien Congo Français) a essayé de s'implanter au large du Cabinda au côtés de l'entreprise américaine Chevron. Il est important de noter que le FLEC est alors partiellement dirigé par un employé d'ELF-Congo.


Par la suite ELF, changera d'orientation et signera un accord avec Luanda pour exploité les gisements pétroliers.


L'enclave du Cabinda, partit d'une revendication lié à son autodétermination en raison de l'existence d'un royaume indépendant jusqu'en 1885 est depuis plusieurs décennies au centre d'un affrontement entre grandes puissances qui suite à l'effondrement de l'URSS n'intéresse plus personnes.


Les dirigeants africains ne sont pas enclin à modifier les frontières héritées de la colonisation et les moyens d'actions utilisés par le FLEC ne lui permettront pas de rallier à sa cause les opinions publiques africaines et occidentales.

lundi 31 août 2009

La crise est-elle un modèle de société ?

Voici le texte de l'intervention que j'ai prononcé lors de la plénière de l'Université d'Eté du MJS à La Rochelle le 28 août 2009.

Nous vivons depuis plusieurs mois ce qu’on appelle la crise financière. Nous la vivons, selon les personnes, soit comme étant une poussée de fièvre temporaire soit un changement radical dans notre économie.

A l’échelle mondiale cette crise est importante mais ne touche pas l’ensemble du globe de la même façon. Notre tropisme de pays riche nous fait généraliser cette crise financière à l’échelle du globe. Je ne nie pas qu’un grand nombre de pays soient touchés mais ce sont principalement les pays développés économiquement ainsi que ce qu’il convient d’appeler des « pays usines » comme la Chine. L’ampleur et la nature de cette crise est bien différente en fonction des pays et des continents.

Il suffit de comparer l’impact de la crise alimentaire entre nos pays et les pays du sud pour comprendre les différences de perceptions relatifs aux crises.

Nombre de pays pauvres ne sont que modérément concernés par cette crise. Ils le sont essentiellement par la baisse des exportations et des investissements occidentaux dans leurs économies. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas bien importants. Si on reprend les chiffres de 2002 sur les Investissement Directs à l’Etrangers (les IDE), l’Amérique du nord, l’Europe et l’Asie du sud-est concentrent environ 5 950 milliards de dollars alors que l’Amérique centrale, les caraïbes, l’Amérique du sud, l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie Centrale et le Pacifique atteignent quand à eux 1 371 milliards de dollars.


On voit, en comparant ces chiffres aux zones les plus touchés par la crise financière actuelle, qu’il y a une corrélation troublante. Cela remet en cause, une fois de plus ce qui nous est présenté comme la contre partie à la mondialisation, l’investissement du nord vers le sud. La non bancarisation d’une grande partie de la population mondiale atténue les effets de la crise bancaire auprès de ces populations.

Comparons l’exemple de l’Afrique et celui de l’Europe. Le continent africain accueille chaque année environ 500 milliards de dollars d’IDE pour une population d’1 milliard d’habitants. L’Europe a chaque année 2 700 milliards de dollars pour une population de moitié inférieure.

On voit donc la différence flagrante entre ces deux continents et l’hypocrisie qu’il y a à considérer l’ouverture des marchés comme un moyen d’apporter des capitaux étrangers dans les pays en voie de développement. Le marché intérieur est une fois de plus un facteur indispensable au développement d’un Etat.

Pour répondre à savoir si la crise est un modèle de société, il faut donc se pencher sur d’autres crises et ne pas considérer la crise financière actuelle comme la seule qui est touchée la planète depuis 1973. En étudiant les 15 dernières années, et j’y reviendrai un peu plus tard on se rend compte que le système capitaliste mondialisé a vécu plusieurs crises qui permettent la création de richesse pour un petit nombre personnes au détriment du plus grand nombre.

Depuis toujours, les Etats sont systématiquement mis à contribution pour redresser la barre et sauver les entreprises en période de crise. Le risque d’un chômage massif apparaissant comme extrêmement dangereux politiquement aux différents gouvernements en place. On est donc en mesure de considérer les crises comme une respiration du capitalisme qui se sert de la dette publique pour pallier ses manques et comme moyen d’enrichissement pour une petite partie des investisseurs, les plus riches bien évidements.

Je veux vous parler de quelques exemples qui appuient ce point de vue.

Je vais commencer par un exemple très imagé mais limité à un secteur de l’économie avant d’aborder la crise argentine et la crise financière en Asie du sud est.

Souvenez vous, en 1999, l’Europe est touchée par la crise du poulet à la dioxine. Les ventes s’effondrent sur le continent européen. Le secteur avicole est dévasté et les industriels cherchent de nouveau marché pour écouler leurs stocks.

Cela tombe à pic, depuis 1995 plusieurs Etats d’Afrique de l’ouest négocient leur entrée dans l’OMC et ont accepté de baisser leurs barrières douanières notamment sur le poulet dans le cadre de la libéralisation de leur économie.

Le Cameroun est un bon exemple de cette libéralisation. En 1995, les importations de poulet représentaient 491 tonnes par an. En 2000, elles sont passées à 14 500 tonnes et en 2004 au plus fort, elles atteignent 23 000 tonnes. Parallèlement, la fabrication locale s’effondre de 2 2500 tonnes en 2000 à 13 500 tonnes en 2004. En 2004, 90% des exploitants de poulet camerounais ont cessé leur activité en seulement 5 ans.

Cette brutale crise de la filière camerounaise est du à un argument commercial reposant sur deux facteurs. Tout d’abord le prix du poulet : 850 francs CFA pour le poulet congelé européen contre 2200 francs CFA pour le poulet à plumer camerounais. Deuxièmement, les femmes africaines préfèrent acheter un poulet congelé qu’elles n’ont plus à déplumer, elles peuvent également choisir les morceaux et ne sont plus obligées d’acheter un poulet entier.

Toute la filière est déstabilisée avec la fermeture des exploitations de poulet, les fabricants de soja et maïs ferment également et les transporteurs des « poulets bicyclettes » perdent leur emploi de vendeur au détail.

Voici donc un exemple de crise créer par le capitalisme non régulé en Europe avec un manque de réglementation dans l’élevage du poulet qui a par conséquence détruit une industrie vivrière en Afrique sub-saharienne et permit aux industriels européens de rentrer de façon fracassante sur le marché africain.

Cette catastrophe économique en Afrique s’accompagne d’une catastrophe sanitaire car je vous laisse imaginer les difficultés de respecter la chaine du froid dans les pays africains. Pour solutionner ce problème, en décembre 2004, le gouvernement camerounais a mis en place une taxe forfaitaire de 1000 francs CFA et 3% de taxe phytosanitaire. Il a également plafonné les importations à 5000 tonnes par an. Il a donc appliqué une pure politique protectionniste, mais un peu trop tard …

Cet exemple nous prouve la nécessité d’une protection des marchés locaux. Cette protection est essentielle pour combattre la famine et les épidémies.
Cette protection s’applique également eu Europe avec une nécessaire réglementation sanitaire stricte qui empêche les crises sanitaires.

Cette crise d’un système tout entier a été très peu ressentie en Europe puisque nous exportions massivement mais a été catastrophique pour toute la région de l’Afrique de l’ouest.

Pour revenir à l’Argentine et la crise économique qui l’a frappé entre 1998 et 2002, il convient de s’intéresser à l’origine de la crise.

L’inflation touche très durement le pays depuis la seconde guerre mondiale. En 1990, le gouvernement met en place le système de caisse d’émission monétaire. Ce système arrime le peso argentin sur le dollar US. Pour simplifier, il s’agit d’un système proche à celui du franc CFA qui est attaché de façon paritaire à l’Euro.

Dans ce cas, la crise est principalement dut à la différence entre la hausse du dollar US (et donc du peso) et la dévaluation du real brésilien. La Brésil est alors le principal partenaire commercial de l’Argentine. Les consignes des grandes institutions internationales qui ont encouragé la libéralisation de l’économie et la levée de toutes les protections ont fini d’exposer le pays à la crise et ont engendré la crise économique, sociale et politique qui s’en est suivit. Cette crise en conduisant au retrait des capitaux du pays a mené à la création de plusieurs milliers de coopératives et à l’arriver en force de l’autogestion dans nombre de PME.

Si les créanciers de l’Argentine ne sont pas encore tous remboursés, le capitalisme mondial a absorbé cette crise et les investisseurs sont partis en direction d’autres pays. Les institutions internationales comme le FMI ont plus ou moins accepté leur mise en cause dans l’effondrement de l’Argentine.

Cette reconnaissance, n’empêcha cependant pas la crise financière de 2008 d’arriver. Cette dernière, sans s’appuyer sur le mécanisme monétaire comme entre l’Argentine et le Brésil a repris bien des ingrédients en terme de manque de régulateur global de la politique monétaire et du flottement des marchés de l’emprunt qui dans les deux cas se sont effondrés.

Pour finir ma démonstration je terminerai rapidement par la crise asiatique qui commença en 1997. Cette crise est nait d’une crise monétaire puis a continué en raison du surinvestissement et d’une dette extérieure extraordinairement élevée. Cette crise fut en quelques sorte la répétition (hormis pour l’aspect monétaire) de la crise que nous connaissons actuellement.

Les conséquences en furent extrêmement tragiques : plusieurs milliers de suicides en Corée du Sud et 1200 morts dans des émeutes en Indonésie pour ne citer que ces deux exemples.

Certains responsable internationaux comme Michel Camdessus ou Alan Greenspan considèrent même cette crise positive dans le sens où elle permit de sortir les pays asiatiques, anciennement soviétique, d’une économie dirigée par l’Etat. C’est précisément la croissance incontrôlée encouragée par les pays riches et les institutions internationales qui a poussé aux dérives responsables de la crise. Il suffit de se remémorer le rapport de la Banque Mondiale de 1997 qui prédisait pour cette région du monde une croissance à 9% pour les dix ans à venir.

Il y a un étrange parallèle entre les prédictions sur l’immobilier en 2006 qui ne s’effondrerait jamais …

Ces trois crises ne sont que des exemples parcellaires de l’économie mondialisée et de ses conséquences dans notre monde moderne. Si des exemples ne constituent pas des arguments économiques ils nous portent cependant à nous interroger sur les analyses de la crise actuelle et à la nature même du capitalisme mondialisé.

Le système économique actuel se nourrit de ces crises en désignant régulièrement aux peuples asservis par ce système des boucs émissaires et permettent à une minorité de s’enrichir sous prétexte de sauver l’économie mondiale. Si le soutien des Etats à l’économie est indispensable, la finance mondiale ne peut pas logiquement se battre pour la disparition des Etats régulateurs.

C’est pourtant ce qui se passe, le capitalisme global se sert des Etats mais veut en même temps leur disparition. Il s’agit donc bien d’un modèle de société mais qui concourt à son autodestruction.

lundi 8 juin 2009

Victoire du 14 mars aux élections législatives libanaises

Les socialistes français ont moins bien réussi que leurs camarades libanais aux élections qui se sont déroulées simultanément dimanche 7 juin. Si les résultats définitifs ne sont pas encore totalement connu. Les résultats publiés actuellement et reconnus par la coalition du 8 mars sont extrêmement encourageants pour le futur du Liban. La coalition du 14 mars (les sunnites de Saad Hariri, le Parti socialiste progressiste de Walid Djoumblatt, les Forces libanaises et le Parti phalangiste) a remporté haut la main les élections législatives avec 71 sièges sur 128 au parlement. Les chrétiens du Général Aoun ont réalisé un mauvais score dans leur fiefs de Zahleh et Achrafieh alors que les chiites du Hezbollah et de Amal ont fortement mobilisés. 


Autre grande victoire pour la démocratie libanaise, la participation s'élève à plus de 50% et le président sortant de chambre Nabih Berri, très proche de la Syrie et du 8 mars à reconnu le résultat et félicité les vainqueurs.


jeudi 4 juin 2009

Le 7 juin, votez pour la coalition du 14 mars

Le 7 juin se déroulent en France les élections européennes.

Au même moment, le Liban procède à ses élections législatives. La coalition du 14 mars présente 118 candidats dans les différentes provinces. Les résultats s'annoncent extrêmement serré. Alors dimanche soir j'attendrai deux résultats en espérant que la participation au Liban soit plus importante qu'en France et que la coalition du 14 mars l'emporte sur les partis pro-syriens.

mardi 2 juin 2009

Jusqu'où Barack Obama ira-t-il pour changer la situation au proche-orient ?

La politique des USA a changé. La rupture promise par un certain Nicolas Sarkozy en 2007 s'est produite aux Etats Unis en 2009. Marianne titre cette semaine : "Obama la vrai rupture" et Newsweek titrait en février  "We are all socialist now". Comme quoi le socialisme et la rupture ont encore de beaux jours devant eux mais pas forcément dans le bon pays !


Obama, outre le style et la ligne politique qui diffère de Georges W. Bush, impose une nouvelle volonté sur la scène internationale. Les USA adoptent des positions diamétralement opposées à leurs discours des 50 dernières années. Le meilleur exemple est celui des démarches entreprises par Barack Obama au proche orient et plus particulièrement en Israël/Palestine. Au moment même où les américains votaient pour une administration progressiste, les israéliens se retrouvaient, par le jeu des alliances politiques, avec un gouvernement parmi les plus extrémistes que le pays est connu.


Barack Obama a adopté une position très différente de GW Bush sur le conflit. Il est intéressant de comparer les visites de Benjamin Netanyahu puis de Mahmoud Abbas à la Maison Blanche. Il est clair que les USA n'entendent plus sous-traiter leur politique au proche-orient aux israéliens. 


Après une première salve tirée contre l'AIPAC l'administration démocrate a fait patienter Benjamin Netanyahu avant de le recevoir à la maison blanche et lui a ainsi signifié que le président américain n'entendait plus soutenir l'action d'Israël de façon inconditionnelle. Les Etats-Unis ont conçu une stratégie qui ne s'appuie plus principalement sur la défense des intérêts israéliens mais avant tout sur les préoccupations américaines.


Il est donc fort probable que le climat ne s'améliore pas entre les deux pays. La conférence de presse finale donnée à la maison blanche montrait d'ailleurs un président américain exprimant publiquement son désaccord avec le premier ministre israélien sur la question des colonies et de la solution de deux Etats indépendant. Du jamais vu dans les bureaux de la présidence ! La rencontre avec Mahmoud Abbas a était bien plus cordiale.



Derrière ce changement de politique, se dessine la main de l'US/Middle East Project créé en 1994 par le Council on Foreign Relation. Ce programme est depuis 2006 devenu une fondation et vient de produire un document d'une quinzaine de page intitulé "La dernière chance pour la solution de deux Etats entre Israël et la Palestine". Ce document, élaboré de façon bipartisane par des anciens diplomates et militaires, semble être la feuille de route du nouveau gouvernement Obama.


Ce texte analyse les actions américaines en Israël/Palestine depuis plusieurs décennies et formule des recommandations quand à la nouvelle approche à adopter. Pour eux, il ne s'agit plus d'envoyer le président américain en permanence sur le terrain (cf Bill Clinton) mais de missionner un conseiller spécial qui aura tout le soutient du président pour parler en son nom et sera respecté comme tel (cf George Mitchell ) . Le texte détermine également la faiblesse des gouvernements israéliens et l'emploi de la peur et de la sécurité comme moyen perpétuel de former des coalitions hétéroclites. Il faut donc que le soutien américain pousse les gouvernements israéliens à ne pas s'enfermer dans une logique sécuritaire qui irait contre les objectifs de paix. Il y a là un interventionnisme tout à fait opposer à la doctrine Monroe ! 


Le document insiste ensuite sur la nécessité de trouver un accord sur la question des réfugiés ce qui débloquera les négociations aboutissant à la création de deux Etats viable. Il préconise la fermeture des camps partout dans le monde arabe et l'intégration des palestiniens aux sociétés locales (libanaise, syriennes, ...) le plus possible tout en déterminant des critères stricts pour un droit au retour controlé. Ce contrôle doit rassuré les israéliens mais également assurer la viabilité du futur Etat palestinien en l'empêchant d'être submerger immédiatement de réfugiés difficilement gérable pour un Etat naissant.


Enfin, le rapport préconise l'envoi de troupes de l'OTAN et donc, fait nouveau, la présence de troupes américaines comme force de maintien de la paix.


A la fin de la lecture de ce rapport, cette préconisation pose la question de savoir jusqu'où le président Obama est prêt à aller et à quel niveau les européens peuvent ils le suivre avec un engagement au sud Liban. La question de la place de l'ONU ,largement discrédité dans la région pour ses nombreuses résolutions non appliquées, est également à se poser pour mesurer l'ampleur de la tâche qui attend l'administration Obama et l'ampleur des résistances du côté de Benjamin Netanyahu et du HAMAS qui n'a toujours pas réglé ses conflits avec le FATAH.


Je vous laisse mesurer cette difficulté avec une carte issue de l'atlas 2009 du Monde Diplomatique  qui considère les territoires palestiniens comme un archipel et Israël comme l'océan ...



mardi 10 février 2009

L'ombre de Didier Ratsiraka plane sur l'île rouge au travers de l'opposition Ravalomanana/Rajoelina

Le 12 décembre 2007, Andry Rajoelina est élu Maire d'Antananarivo, la capitale de le République de Madagascar. Cette élection fait suite à son ascension rapide dans le monde des affaires et des médias avec notamment le rachat à l'ancien premier ministre, Norbert Ratsirahonana, de la très influente chaîne de télévision Ravinala (rebaptisée depuis Viva). Il est aujourd'hui à la tête de l'opposition qui manifeste dans les rues de la capitale pourr chasser l'actuel président Marc Ravalomanana de la présidence de la république.

Les changements politiques à Madagascar ont toujours été marqué par de profonds mouvements de violences. Lors des dernières élections présidentielles en 2001, le dictateur Didier Ratziraka dit "l'amiral" fut congédié après de violent heurts dans les rue d'Antananarivo. Ces troubles, qui se reproduisent aujourd'hui, furent organisés avec les mêmes moyens qu'utilisent en ce moment Andry Rajoelina. Il est fort à parier que les manifestants d'hier se retrouvent aujourd'hui dans la rue, déçu par la politique de Marc Ravalomanana. Ce dernier, porté au pouvoir par un mouvement populaire, mais également par l'ensemble des opposants au dictateur déchu, est aujourd'hui confronté à une crise qu'il n'arrive pas juguler. Les soutiens d'hier se font moins présent et les partisans du régime déchu depuis 2002 (avec l'officialisation de la victoire de Marc Ravalomanana suite à la reconnaissance de son élection par l'UE et les Etats Unis), travaille à déstabiliser le Président actuel.

Le gouvernement de Madagascar gère la crise actuel avec la plus grande difficulté. D'une part, l'interdiction de la chaîne de télévision de Rajoelina fut une décision maladroite qui déclencha ces troubles, d'autre part en réprimant violemment et dans le sang les manifestations, Marc Ravalomanana se discrédite sur la scène internationale et renforce les soutiens de son rival. 

Andry Rajoelina est soutenu par les mêmes qui soutenaient hier Marc Ravalomanana. Il également possible que "l'amiral" agisse en sous-main depuis sa résidence de Neuilly-sur-Seine pour peser sur le destin de son ancien pays et établir à sa tête un jeune président aisément manœuvrable et ayant besoin de "conseils" avisés pour diriger le pays.


Plus d'informations :

dimanche 8 février 2009

Ya Loubnan

J'ai retrouvé sur mon ordinateur des photos prisent par Isabel Lundin (jeunes sociaux démocrates suédois) lors de mon déplacement au Liban fin 2008. Alors comme je vous l'avais promis à la fin de mes billets sur ce voyage, voici une première série de clichés.










mardi 6 janvier 2009

Le gaz, moyen diplomatique pour la Russie

Voici une vidéo fort intéressante qui explique notamment la crise du gaz entre l'Ukraine et la Russie et l'influence que joue ce carburant sur les relations UE/Russie.

mercredi 31 décembre 2008

Offensive sur Gaza : aller plus loin que la simple condamnation

Nous assistons depuis le 27 décembre 2008 à une offensive Israélienne contre la Bande de Gaza. Au delà des condamnations et des manifestations émotionnelles. Il convient d’analyser les éléments qui ont permis d’arriver à cette situation et de ne pas se focaliser sur une grille de lecture binaire qui voudrait que l’on se positionne comme pro-israélien (et par association prosioniste) ou comme pro-palestinien (et par association antisioniste). Cette analyse binaire, rapide et associant des concepts différents ne donne que des réactions excessives.

Voici des éléments de réflexion qui permettront, je l’espère, de mieux comprendre la situation actuelle et l’offensive menée par Israël.

Le retrait de la Bande de Gaza

Le 23 août 2005, Israël déclaré le retrait unilatéral, des 23 colonies de la Bande de Gaza et de 4 colonies de la Cisjordanie, officiellement terminé. Ce plan de désengagement qui avait été adopté par le gouvernement d’Ariel Sharon le 6 juin 2004 n’est cependant pas un transfert d’autorité complète vers les palestiniens puisqu’Israël conserve la surveillance des frontières de la Bande de Gaza et établit un zone tampon tout autour du territoire. La bande de Gaza dépend toujours d’Israël pour ses fournitures en eau, en électricité et en réseaux de communication. Et toutes ses exportations potentielles sont soumises à des taxes israélienne (les importations existantes sont détaxées) et la monnaie reste le shekel.

Ce plan de retrait, par son aspect unilatéral et incomplet, aboutit donc à créer un vaste camp fermé pour plus de 1,3 million Gazaouis. Ce territoire de 360km2 abrite une des densités les plus fortes au monde (3823 hab/km2) avec une immense pauvreté et un déficit complet d’infrastructures collectives. L’ensemble du territoire est soumis au bon vouloir d’Israël pour son alimentation en énergie et en vivres.

La prise de contrôle de Gaza par le HAMAS

Les élections législatives palestiniennes de 2006 voient le HAMAS remporter ce scrutin. S’en suit une guerre civile dans la bande de Gaza qui le 15 juin aboutit à une prise de contrôle de fait du HAMAS de ce territoire. A partir de cette date, les membres du FATAH sont systématiquement pourchassés et arrêtés puis pour certains exécutés.

A partir du limogeage du premier ministre palestinien issu du HAMAS par Mahmoud Abbas le 17 juin 2006, on peut considérer qu’il y a une scission de fait entre les territoires palestiniens. Le FATAH ne contrôle plus du tout la Bande de Gaza. Israël a donc créer à sa porte les conditions ayant aboutit à la mise en place d’une autorité qui lui est extrêmement hostile et qui s’appuie sur la pauvreté et le dénouement d’une population de 1,3 millions de personnes.

La montée de violence entre Gaza et Israël

Depuis la prise du contrôle par le HAMAS de la Bande de Gaza, des roquettes artisanales sont régulièrement tirée sur le sud d’Israël et plus particulièrement sur SDEROT. A partir du 17 janvier 2008, Israël, en réponse à ces tirs soumet la bande de Gaza à un blocus qui entraine des pénuries de vivres et des coupures de courant (rupture des approvisionnement en pétrole). Le 2à décembre le HAMAS ne renouvèle pas la trêve de 6 mois négociée en juin sous l’égide du gouvernement égyptien. Cette trêve prévoyait la fin du blocus israélien et la fin des tires de roquettes, ni le HAMAS, ni Israël n’auront respecté ces engagements. Les 23 décembre des roquettes sont à nouveau tirées sur le Neguev. En réaction Israël déclenche le 27 décembre l’offensive aérienne et maritime baptisée « Plomb durci » en engageant plus de 80 avions et hélicoptères.

Quel est le but du gouvernement Israélien ?

La guerre au sud Liban durant l’été 2006 à démontrée qu’une offensive militaire n‘est d’aucune utilité contre les lancements de roquette artisanale qui demandent très peu de technologie (il s’agit d’une simple roquette remplit d’explosif, équipée d’une système de mise à feu mais sans dispositif de guidage).

Le gouvernement Israélien ne pouvait resté sans aucune réactions face au bombardement de ces roquettes sur son territoire même s’il a largement contribué à créer les conditions de violences depuis des dizaines d’années et depuis son retrait unilatéral de Gaza. Cependant la disproportion des moyens est choquante et la probable offensive terrestre ne présage rien de mieux pour les jours et semaines à venir.

Le fait que des élections générales soient organisées dans les semaines qui viennent en Israël donne également une autre clé pour comprendre cette offensive. A l’heure où il y aura forcément une nouvelle coalition et où chaque parti doit prouver son attachement à Israël et son rejet du terrorisme cette offensive permet de prouver ces deux valeurs.

Que veut le HAMAS ?

Il n’est cependant pas possible de condamner uniquement l’offensive israélienne. Les roquettes bien que peu meurtrières sont tirées sans aucune cible et tombent donc sur des civils. Le HAMAS dirige d’une main de fer la bande de Gaza et a intérêt à un affrontement avec Israël dans la perspective éventuelle d’apparaître victorieux lors de la fin du conflit comme le HEZBOLLAH a put l’être après la guerre au sud Liban.

Ces opérations visent également à affaiblir le moral des israéliens et à poursuivre la chimère de reconquête d'Israël par les palestiniens. Cela participe également à isncrire un peu plus le HAMAS comme un acteur prépondérant de la région, à en faire un interlocuteur plus fort que le FATAH au yeux des populations palestiniennes.

Comment sortir de cette situation ?

L’Union Européenne, les Etats Unis et les Nations Unis en refusant de discuter avec le HAMAS, suite à sa victoire démocratique aux élections législatives, ont encouragé les divisions au sein des palestiniens. Les sanctions appliquées sur la bande de Gaza ont renforcé le soutien de la population au HAMAS. La corruption de certains dirigeants du FATAH a également participé au discrédit de Mahmoud Abbas vis à vis de la population palestinienne.

Il ne s’agit donc pas aujourd’hui de condamner simplement l’offensive Israélienne. Cette solution est la plus simple, la plus rassurante mais aussi la plus inefficace. Il faut proposer un dialogue avec le HAMAS, qui s’il doit être considéré comme une organisation terroriste, ne peut pas être écarté de toute discussions visant à la paix. Dans le cas contraire la situation que nous connaissons depuis des dizaines d’années continuera sans changement majeur puisque qu’aucun des deux camps n’est capable de remporter cette guerre.


Pour en savoir plus :

http://www.alternatives-internationales.fr/gaza-israel-palestine-hamas-fatah_fr_art_802_41212.html

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article493

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=92956

dimanche 7 décembre 2008

Y'en a marre, Tiken Jah Fakoly