mardi 24 juin 2008

Rhodésie ... Zimbabwe, un scénario déjà vu


Morgan Tsvangirai, du Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), vient de retirer sa candidature à l'élection présidentielle du Zimbabwe. Robert Mugabe n'aura plus à l'inverse de nombre de dirigeants africain besoin de truquer l'élection remportée au premier tour par son adversaire.

Le candidat du MDC a adopté une position, qui dans l'impasse démocratique où se trouve le pays actuellement, est la seule qui peut permettre de changer la donne dans ce pays gouverner par le même homme depuis sa seconde indépendance en 1980 (le première fut proclamer par les blancs en 1965 pour leurs permettre de conserver le pouvoir sur la population noire).

Le héros de l'indépendance s'est transformé comme bien souvent en tyran coupé de sa population, totalement brutal, incompétent et dictatorial. La situation économique du pays avec une inflation à 5 chiffres et l'émigration à destination de l'Afrique du Sud suffit à démontrer son inaptitude à gérer ce pays et les nombreuses élections truquées de 1980 suffisent elles aussi à décrédibiliser toute action de ce dictateur.

Le MDC a-t-il eu tord de sous-estimé la volonté de Mugabe de s'attacher à son poste ? Ce qui est sur c'est qu'avec l'abandon de Tsvangirai à quelques jours du second tour des élections présidentielles qui se déroulera vendredi, l'opposition en appelle à la communauté internationale et plus particulièrement au pays qui à l'ambition de devenir une puissance régionale : l'Afrique du Sud. Après avoir pendant les années de l'apartheid était le pays d'origine de nombreux mercenaires envoyés dans toute l'Afrique, ce pays, s'il aspire à devenir le moteur de l'Afrique australe se devra d'intervenir. La forte population zimbabwéenne présente sur son sol sera également un élément déterminant. 

La communauté internationale ne doit cependant pas considérer la politique intérieure du Zimbabwe comme un problème régional. Nombre de pays africains observent avec attention la situation et les conséquences de ces élections. L'ONU ne doit pas laisser l'Afrique du Sud seule gérer ce problème.